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polyphonies sardes

polyphonies sardes

Voici une page consacrée à la polyphonie sarde. D’une originalité et d’une richesse sans égales dans l’aire culturelle Européenne, les polyphonies de la Sardaigne sont des expressions culturelles et artistiques de la société traditionnelle sarde mais également les témoins de la créativité de ses interprètes et de la vivacité de la tradition dans une société contemporaine.
Il existe en Sardaigne différents types de polyphonies, différentes manières de chanter ensemble à plusieurs voix. Il s’agit principalement du canto a tenore (chant dit « à tenore ») et du canto a cuncordu (chant dit « à cuncordu») appelé également selon les localités taxa, cuntrattu, cuntzertu, chidasantinu, traggiu, etc.
Chacun de ces types de chant fait référence à des réalités socio-historiques et régionales particulières.

Le tenore san gavino de oniferi – polyphonie a tenore
Le chant des bergers sardes

tenores de oniferi

Le chant dit « a tenore » constitue la polyphonie sarde par excellence. Ce chant très singulier, aux accents archaïques et sonorités gutturales est considéré comme l’expression la plus ancienne de la polyphonie occidentale. Etroitement lié au monde agro-pastoral il est souvent considérer comme le chant des bergers sardes mais aujourd’hui, en Barbagia, région montagneuse du centre de l’île où le chant a tenore a perduré jusqu’à nos jours, il constitue un véritable patrimoine que chaque villageois s’approprie quelque soit son métier et sa condition sociale.

Le chant a tenore a été déclaré patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO en 2008.
C’est un chante exclusivement masculin exécuté par une voix soliste qui déclame le texte et par un petit chœur de trois hommes qui lui répondent par onomatopées.

Pour en savoir plus sur le chant a tenore : video

Le Tenores San Gavino de Oniferi a été fondé en 1972 par les trois frères Pirisi du village de Oniferi en Barbagia. Issus d’une famille de bergers ils ont été initiés au chant par leur père, chanteur lui-même. Si l’un d’eux a repris le troupeau familial et mène la vie de ses pères, et grands pères, l’un d’eux est devenu avocat et l’autre employé de mairie. Des parcours personnels entre tradition et contemporanéité inhérents à la vie et la société sarde d’aujourd’hui qui en façonne ses expressions, le chant a tenore comme tout autre production culturelle.

Leur répertoire est constitué de poésies traditionnelles et contemporaines en langue sarde, de textes souvent satiriques inspirés de l’actualité politique et de la vie locale. Le tenore de Oniferi est aujourd’hui considéré, de part sa virtuosité et sa maturité, comme l’un des plus intéressants chœurs a tenore, tant par les amateurs locaux que par la presse spécialisée. Ces deux voix gutturales puissantes, sa mesu boche originale e sa boche forte et jamais répétitive confèrent au chœur un timbre unique et captivant qui a l’a rendu célèbre dans toute la Sardaigne.

Le tenore de Oniferi s’est produit dans de nombreux festivals en Europe, aux Etats Unis et à Taiwan.

Il a été choisi pour représenter le chant a tenore lors de la cérémonie qui célébrait le chant a tenore Patrimoine immatériel de l’Humanité le 29 septembre 2009 à Paris.

Le Tenore de Oniferi participe à de nombreux projets dont la production Isolanos qui l’uni à Omar Sosa pour une rencontre Cuba / Sardaigne et la publication du CD homonyme.

En en 2012 il produit un CD/DVD dédié au chant, à la culture et à la poésie de la Barbagia, Tenore, poesia, limba.

Leur quatrième album Su Banzigu (Felmay records 2000),a été nommé disque du mois en septembre 2000 par Musical traditions (UK) et en janvier 2001 par Global Village (CA-USA), alors que leur cinquième album Pro’ite tottu custu (Kunzertu-2006) a été élaboré avec diverses participations dont celle d’Elena Ledda.

The best modern “Cantu a Tenore” I’ve ever head
Rod Stradling – Folk Roots (UK)

Line up

francesco pirisi : boche
carmelo pirisi : mesu ‘oche
giovanni pirisi : contra
giuseppe brau : bassu

Discographie

2012 : tenore poesia limba (ass. cult. tenore san gavino di onoferi)
2007 : isolanos (s’ard / eje)
2000 : su banzigu (felmay records 2000)
2006 : pro’ite tottu custu (kunzertu)

Musique
Video
Coro Gabriel – polyphonie a taxa
chants sacrés de la semaine sainte

coro gabriel

Le Chœur Gabriel et sa polyphonie dite « a taxa » fait partie d’une typologie de chant communément appelé le Cuncordu. Le chant a cuncordu, apanage des confréries, a probablement été introduit en Sardaigne au 16°siècle après le concile de Trente par les moines franciscains et jésuites par la pratique du ”faux bourdon” (harmonisation simple à trois ou quatre voix d’une ligne de chant donnée, très brève, correspondant habituellement à un verset d’un psaume). Cette pratique se greffe alors probablement sur des formes de choralité préexistantes opérant ainsi un syncrétisme entre chant populaire et chant religieux élaborant, dans le processus de transformation qu’est la traditionalisation, une forme de polyphonie totalement originale.

En Sardaigne, chaque village qui chante  a cuncordu  s’est approprié au cours des siècles cette forme choral, se constituant un répertoire spécifique et exclusif, une manière propre d’interpréter le chant et de le nominer (taxa, cuntzertu, chidasantinu, cuntrattu, traggiu, etc., selon les régions et les villages).

La polyphonie dite a taxa est un mode spécifique de chanter le Cuncordu, propre à la région Gallura, au nord de l’île. Elle se caractérise par l’utilisation d’une cinquième voix, le falzittu qui souligne le rythme et la fin des chants.

Le Chœur Gabriel originaire du village de Tempio Pausania en Gallura, a été créé en 1981 dans le but de poursuivre l’œuvre de leur maître, Gavino Gabriel, important ethnomusicologue italien, en créant une école de chant traditionnel, un musée de la du chant traditionnel incluant une phonothèque /cinémathèque et l’organisation un festival de chant polyphonique. En 30 ans d’activité, le CHŒUR GABRIEL s’est imposé en Sardaigne comme l’ambassadeur de la polyphonie « a taxa« , choisi par Sony Music pour la représenter dans série Polyphonie de la Sardaigne (1996). Le chœur publiera très prochainement un nouveau CD IDULA qui sortira à l’automne 2014, composé en grande partie de créations originales.

La spécificité du Chœur Gabriel est l’utilisation de la cetera, guitare sardo-corse à 16 cordes, réalisé par des maîtres luthiers corses sur un projet du chœur lui-même et qui accompagne certains de leurs chants.

Leur répertoire est principalement composé de chants paraliturgiques, comme les chants des processions de la semaine sainte, exécutés en latin. L’exécution de ces chants in situ confère au chœur son rôle social et traditionnel, avec par exemple le Stabat Mater. A ce répertoire c’est ajouté des chants de la tradition populaire en langue gallurese (dialecte sardo-corse parlé en Gallura) harmonisés à taxa au cours des siècles.

Mais durant son parcours culturel et artistique le chœur s’est également approprié d’autres chants qui appartenaient originairement à d’autres traditions chantées, comme des danses, des chants d’amour et des chants satiriques ou au contenu social et politique, en les introduisant dans son répertoire, souvent accompagnés de la cetera, ainsi que de créations originales.

Line up

gianmario pedroni : grossu
franco mintoni : contra
marco muntoni : bozi
alessio bianco : contra, trippi
adelino muzzu : trippi
nico bianco : trippi, falzittu, cetera

Discographie

1996 : Taxa
1999 : Polyphonies de Sardaigne, Sony Classical France / BRJ Music (Paris)
2014 : Idula (sortie automne 2014)

Musique
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